Yalqout Yossef : Tome 1

                                            Acher Yasar et Eloqaï néchama 

                                            (Choul’han ‘Aroukh, simanim 6-7) 

 

1) Apres avoir fait ses besoins, grands ou petits, on doit se laver les mains et dire acher Yasar. Nous avons déjà vu qu’il n’est pas nécessaire d’utiliser un récipient pour cela et que l’on peut se laver directement au robinet. Mais on doit se laver trois fois, et celui qui a le soin d’utiliser un récipient acquiert un mérite particulier. 

 

2) Les femmes ont également l’obligation de dire la bénédiction d’acher Yasar qui a été institué par les membres de la Grande assemblée. Il convient également d’habituer les enfants à la dire.

 

3) Dans le courant de la journée, chaque fois qu’on fait ses besoins grands ou petits on dit acher Yasar, mais on ne dit pas ‘al Nétilat Yadayim.

 

4) On doit dire acher Yasar pour n’importe quelle quantité d’urine, ne fut-ce qu’une goutte, car l’orifice était obstrué et que cette goutte ne pouvait s’écouler, ce serait une très pénible : on a donc l’obligation de remercier.

 

5) Si on oublié acher Yasar, on peut encore le dire dans les 72 minutes qui suivent.

 

6) Dans  acher Yasar, certains disent ei efchar, tandis que d’autre disent i efchar : les deux usages sont  valables et chacun suivra le sien. [Mon vénéré père, de son côté, a coutume de dire ei efchar].

 

7) Notre usage est de dire afilou cha’a è’hat (ne fut-ce qu’un moment) parce qu’il impossible de subsiter, ne fut-ce qu’un moment, si certains organes s’ouvrent ou se ferment. Il n’y a pas de changer ses coutumes. [Par ailleurs, on dit cha’a è’hat et non cha’a a’hat].

 

8) Nous avons l’usage de dire rofé kol bassar oumafli la’assoth et c’est la formule rapportée par la Guémara (Béra’hot 60a), ainsi que par le RIF  et le RAMBAM. Certains disent : rofé ‘holi kol bassar, mais on n’ pas à changer ses coutumes.

 

9) Dapres Maran, l’auteur du Choul’han ‘Aroukh, si on n’a pas dit acher Yasar après avoir uriné mais qu’on n’a plus l’intention d’uriner, on doit dire acher Yasar deux fois si on décide ensuite d’uriner encore un peu. En pratique, on ne dira cependant la bénédiction qu’une seule fois en raison du principe qu’on ne fait pas de bénédiction en cas de doute, même lorsque Maran est d’un avis contraire.

 

10) Dapres certaines opinions, lorsqu’on a pris un laxatif, on doit dire la bénédiction chaque fois que l’on va au toilettes. Mais selon d’autres opinions, on ne dit pas qu’une seule bénédiction lorsqu’on a terminé. En tout état de cause, si  on sent qu’on sera obligé de retourner aux toilettes dans un délai très bref, on ne dit pas acher Yasar avant de sentir qu’on a vidé ses intestins.

 

11) On doit dire acher Yasar même lorsqu’on a besoin d’uriner fréquemment et que c’est très douloureux [en cas de calcul rénal par exemple].

 

12) On doit dire Acher Yasar même lorsqu’on se force à uriner un peu pour une analyse et qu’on n’en ressent pas du tout de besoin.

 

13) On doit également dire Acher Yasar si on ne trouve pas d’eau pour se laver les mains en sortant des toilettes et qu’on se les essuie avec quelque chose destiné à nettoyer.

 

14) Eloqaï néchama ne commence pas par Baroukh [parce que c’est une bénédiction de remercîment, lesquelles ne commencent pas par Baroukh, comme on le voit pour la bénédiction de la pluie] mais beaucoup de gens ont l’usage de juxtaposer Eloqaï néchama à acher Yasar. Il n’y a cependant pas lieu de faire de remarque à quelqu’un qui suit l’opinion du Maran, l’auteur du Choul’han ‘Aroukh, et qui ne dit pas Eloqaï néchama tout de suite après acher Yasar. Il est néanmoins bon de le dire après une bénédiction qui commence par Baroukh.


15) On a parfois coutume, lorsqu’un des fidèles a récité une des bénédictions du matin et que les autres ont répondus amen, et que l’un de ceux-là dise cette bénédiction à son tour et que les autres répondent amen, et ainsi de suite pour tous ceux qui ont répondu amen. Il n’y a pas lieu de contester cet usage sous prétexte que tous se sont déjà acquittes en répondant amen la première fois, car celui qui récite la bénédiction n’a pas eu l’intention de les acquitter.                   

D‘ailleurs, même s’il a eu cette intention, eux-mêmes ont eu l’intention de ne pas s’acquitter par sa bénédiction.


16) Si quelqu’un a dit mentalement la bénédiction Acher Yasar, il ne peut plus la dire ensuite. Il peut demander à quelqu’un d’autre qui est allé au toilettes de penser à l’acquitter par sa bénédiction, et il aura lui aussi cette intention, d’afin de s’acquitter d’après toutes les opinions.


17) Lorsqu’on a commencé à dire Acher Yasar et qu’on entend le Kadish ou la Kédousha au milieu de la bénédiction, on doit s’interrompre pour répondre, comme lorsqu’on est en train de dire le Chéma’ et ses bénédictions car les règles  de Acher Yasar sont les mêmes que celles d’une longue bénédiction, au milieu de laquelle on s’interrompt pour le Kaddish et la Kédousha. Mais on ne dit que les cinq premiers amen du Kaddish ainsi que Amen Yéhé Chémé Rabba jusqu’à Yithbarakh, mais selon la Kabala[R1]  on répond jusqu’à Da’amirane Bé’alma. Pour la Kédousha : on répond Kadoch et Baroukh seulement. Si on entend le Kaddish ou la Kédousha lorsqu’on est à la fin de la bénédiction et qu’on a dit Baroukh ata Hachem, mais qu’on n’a pas encore eu le temps de dire Rofé Kol Bassar, on ne répond pas.

 


 [R1]Ben Ich 'Hai

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