Yalqout yossef : Tome 1
Les Tsitsith la façon de mettre les Tsitsith (Choul’han ‘Aroukh, siman 8)
1) C’est un commandement positif de la Torah, lorsqu’on a un vêtement de laine ou de lin avec quatre coins qu’on désire porter, de mettre des Tsitsith à des quatre coins.
2) Celui qui porte un vêtement ayant quatre coins soumis à l’obligation des tsitsith sans les mettre, annule la miswa des tsitsith. La Guémara (Menah’ot 44a) dit : « Quiconque ne met pas les tsitsith à cet habit transgresse cinq commandements positifs : we’assou (ils feront), wénaténou (ils mettront), wéhaya (ce sera), oureyitem (vous verrez) et gédilim ta’assé lakh (tu feras des fils) (Rachi). Si l’habit est d’une étoffe (que la laine ou le lin), il transgresse un commandement d’ordre rabbinique.»
3) Il faut avoir soin de porter des tsitsith en disant le Chema' mais il suffit de mettre un talith katan fabriqué selon les règles et de dimensions convenables. Si on n’a pas de Talith Gadol et qu’en se mettant à en cherche un, on risque d’être en retarder de laisser passer l’heure de la prière ou de manquer la prière en commun, on peut prier sans talith gadol pour ne pas perdre le temps. Mais il convient de mettre un talith gadol car il est fréquent que le talith katan n’ait pas les dimensions convenables et qu’on ne s’acquitte pas de son obligation en le portant. [Voir plus soin, siman 16, paragraphe 2].
4) Il est bon de ne pas retirer le Talith jusqu’après Aleinou Léchabéa’h. Mais lorsqu’on est préssé [parce qu’on doit se rendre au travail, etc.], on peut le retirer avant.
5) Il est recommandé de ne pas retirer le talith katan pour dormir non plus, et tel est notre usage. Mais lorsqu’il fait très chaud et qu’il est pénible de dormir avec, on peut le retirer pour dormir.
6) Le matin, il est inutile de dire la bénédiction sur le talith katan lorsqu’on l’a gardé pour la nuit : on pensera à l’exempter en disant la bénédiction du talith gadol, et il n’est pas nécessaire de la palper à ce moment-là. Bien que d’après la règle stricte, il soit permis de dire la bénédiction lorsqu’on l’a retiré pour dormir et qu’on le remet le matin, on a pris l’habitude de l’exempter par la bénédiction du talith gadol, comme nous le verrons plus loin, au siman 16.
7) En mettant les tsitsith, on doit songer à la raison de cette miswa dans le but est de nous rappeler tous les commandements pour les accomplir. D’après certains opinions, les paroles du verset : « leur crainte de moi [D.] Est devenue une leçon apprise des hommes » (Yécha’yahou 29,13) s’applique à celui qui n’y réfléchit pas.
8) A posteriori, on est acquitte si on pense seulement à accomplir la miswa. D’après certaines opinions, on est quitte même si on n’y pense pas, mais qu’il est évident qu’on les met parce que c’est une miswa. On y pensera cependant au moins lorsqu’on s’en souviendra, pendant qu’on les portera sur soi.
9) Certains ont l’habitude de dire lechem yi’houd avant la bénédiction pour se concentrer sur l’obligation de s’acquitter de la miswa. Mais d’autres sont d’avis que la bénédiction suffit à faire naitre la concentration nécessaire.
10) Dans le texte de lechem yi’houd, il est bon de dire : «… car D. nous a ordonné de nous couvrir des tsitsith pour que nous nous souvenions de toutes les miswoth afin de les accomplir » [voir le paragraphe 7].
11) Il faut dire, dans ce texte : léyi’houda chem youd, ké, béwaw ké.
12) Si on est dans un endroit mal propre ou il est défendu de dire des bénédictions, on peut mettre les tsitsith sans dire de bénédiction puisqu’il est impossible d’accomplir la miswa autrement [Voir plus loin]
13) Le texte de la bénédiction est : acher kidéchanou bémiswotaw wésiwanou léhith’atef betsitsith. Si on s’est trompé et qu’on a dit ‘al miswath tsitsith ou léhithlabech betsitsith, ou une autre formule de ce genre, on est acquitté.
14) Notre usage est de dire léhith’atef betsitsith avec un cheva sous le beith, et non un pata’h.
15) Si on se trompe et qu’on dit batsitsith avec un pata’h sous le beith, on est quitte et on n’a pas besoin de redire la bénédiction.
16) Il faut réciter la bénédiction des tsitsith debout. On doit également se lever pour s’en couvrir.
17) On est quitte si on a dit la bénédiction sur le Talith assis. Idem si on s’est couvert du Talith assis : a posteriori, on est quitte.
18) Un malade ou un homme âgés qui ont du mal à se mettre debout peuvent donc rester assis pour dire la bénédiction et se couvrir du Talith car un cas de besoin est considéré comme un cas a posteriori.
19) On dit la bénédiction avec le Talith en main, avant de s’en couvrir, mais on ne doit pas la dire tant qu’on ne l’a pas déplié, car on doit toujours accomplir la miswa tout de suite après avoir dit la bénédiction.
20) On ne doit pas s’occuper du talith pendant qu’on dit la bénédiction, par exemple le sortir de son sac ou le préparer pour s’en couvrir ; on doit faire ces choses avant la bénédiction et se couvrir du talith tout de suite après l’avoir dite.
21) En disant la bénédiction, on attrape le talith avec les deux mains, et on n’a pas besoin de veiller à le prendre dans la main droite.
22) Certains ont l’habitude d’embrasser les tsitsith des quatre coins rassemblés lorsqu’ils prennent leur talith gadol pour s’en couvrir, et les embrassent à nouveau lorsqu’ils l’enlèvent et le plient pour le ranger. C’est pour montrer que la miswa leur est précieuse.
23) On ne doit pas s’interrompre entre la bénédiction et l’acte. Ceux qui embrassent les tsitsith après la bénédiction, avant de s’en couvrir, n’agissent donc pas correctement car il faut craindre que ce soit considéré comme une interruption entre la bénédiction et l’acte. Certains embrassent le bord du talith avant la bénédiction.
24) Un fidèle ne doit pas dire fort la bénédiction du talith pour en acquitter les autres. Chacun l’a dit pour soi car tous ne savent pas comment s’acquitter et acquitter les autres, contrairement à la bénédiction du Kiddouch, ou à d’autres miswoth de ce genre, dont on l’habitude de se faire acquitter.
25) Cependant, si l’un des fidèles dit la bénédiction avec l’intention d’en acquitter un autre, qui a lui-même l’intention de s’acquitter, le second est quitte même s’il ne répond pas amen.
26) Voici comment on procède pour mettre le talith : Tout de suite après la bénédiction léhith’atef betsitsith, on se couvre la tête dutalith en laissant pendre les quatre tsitsith par-devant, deux vers la droite et deux vers la gauche. Puis on saisit le cote qui est à droite du visage et on le rejette vers l’arrière, par-dessusl’épaule gauche [il est alors bon d’attendre ainsi le temps qu’il faut pour marcher 2 mettre]. On prend alors le cote gauche et on le rejette aussi par-dessus l’épaule gauche, en sorte que les quatre tsitsith se trouvent dans le dos, du cote gauche, et on reste ainsi le temps qu’il faut pour marcher 2 mettre. On laisse ensuite retomber le talith sur le reste du corps en mettant deux tsitsith devant soi et deux derrière, de façon à être entouré de miswoth.
27) En se couvrant du talith, il faut veiller à ne pas se couvrir entièrement le visage et les yeux mais seulement la tête, le cou et le menton.
28) Apres avoir dit la bénédiction, s’être couvert la tête du talith gadol et l’avoir laissé retomber sur le corps, comme nous l’avons vu, on peut le ramener sur les épaules pour faire la prière. Il est cependant préférable de garder la tête couverte du talith jusqu’à la fin de la prière.
29) Les célibataires aussi sont tenus de se couvrir la tête du talith pendant la prière, en particulier pendant la ‘amida à voix basse.
30) Les fidèles qui ne se couvrent pas du talith mais le portent en écharpe autour du cou pendant la prière, avec les quatre tsitsith pendant par-devant, ne s’acquitte absolument pas de leur obligation et récitent une bénédiction en vain.
31) Après avoir dit la bénédiction du talith et s’en être couvert la tête à la manière des Yichmae’élim, on ne doit pas parler de choses inutiles jusqu’à ce qu’on l’ait fait redescendre sur tout le corps. Mais si on entend le Kaddish ou la Kédousha avant, on doit y répondre avec les autres fidèles, sans craindre que ce soit une interruption. On doit aussi y répondre si on a seulement posé le talith sur la tête. On d’ailleurs également répondre amen à une simple bénédiction car on a commencé à accomplir la miswa, et que ce n’est considéré comme une interruption que lorsqu’on a dit la bénédiction sans avoir commencé la miswa.
32) Certains ‘hathanim, après avoir dit la bénédiction du talith sous la ‘houpa [si elle a lieu le jour], le posent sur la tête [mais ne s’en enveloppent pas tout de suite à la manière des Yichmae’élim] et répondent alors amen aux chéva’ bérakhoth que l’officiant commence à réciter tout de suite. Cela se justifie et on n’a pas à craindre que ce soit une interruption.
33) Certains ont coutume [R1] après avoir fait la bénédiction léhith’atef betsitsith et s’en être couverts a la manière des Yichmae’élim, de réciter des versets, comme Hachem Sévaoth ‘imanou, ou Ma Yakar ‘hasdékha jusqu’à Ki ‘Imékha Mékor ‘Hayim… Ensuite, ils laissent redescendre le talith sur le corps. Cela se justifie et on n’a pas à craindre que ce soit une interruption.
34) Il faut séparer les fils des tsitsith les uns des autres avant de dire la bénédiction pour chaque fil soit à part et non emmêlé.
35) On a le droit de séparer les fils le Chabbat si on s’aperçoit qu’ils sont emmêlés. Ce n’est que la première fois, lorsqu’on vient de mettre des fils au talith, qu’on ne peut pas les démêler le Chabbat.
36) Si on a le temps, il faut examiner les tsitsith pour s’assurer qu’ils sont kacher avant labénédiction, afin de ne pas les dire en vain, et il faut en particulier les examiner là où ils sont attachés au coin du talith. Il est aussi recommandé de vérifier le Talith Katan avant de le mettre. D’après la règle stricte, il n’est cependant pas nécessaire de vérifier tous les jours avant de les mettre, et tel est l’usage. [Voir plus loin, siman 16, paragraphe 2].
37) Si on arrive en retard à la synagogue et que les fidèles ont déjà commencé la prière, on n'a pas besoin de vérifier les fils des Tsitsith ; on ne doit même pas le faire en tant que mesure de piété particulière, pour ne rien sauter de la prière. Il en est de même tout à fait inutile de les vérifier si le talith était rangé dans un endroit fermé.
38) En vérifiant leur Tsitsith, certains ont coutume de dire : Barekhi Nafchi Eth Hachem, jusqu’à Notè Chamayim Kayéri’a.
39) Il est préférable de ne pas réciter ces versets avant d'avoir dit les bénédictions de la Torah car il convient de respecter l'opinion des décisionnaires selon laquelle on doit dire cette bénédiction avant de décider des versets, si ce n'est pas dans le but de les lire et de les étudier.
40) D'après certaines opinions, ce qui ont coutume de vérifier les fils des Tsitsith avant de dire la bénédiction, doivent les vérifier la veille du shabbat et la veille Kippour, avant de les ranger, pour ne pas avoir besoin de les vérifier le lendemain. S'ils ne l'ont pas fait, ils peuvent vérifier shabbat. Lorsqu'on a un talith réservé au shabbat, on le vérifie en le pliant à la fin du shabbat.
41) Notre usage et de porter le Talith Katan sous les vêtements et de regarder les Tsitsith en les mettant : cela suffit pour s'acquitter de la Miswa et on n'a pas besoin de les porter par-dessus les vêtements.
42) D'après notre usage, les Tsitsith aussi sont couvertes par les vêtements. C'est cet usage qu'ont observé les Grands Maîtres Séfaradim de tout temps, et il c'est ce qu'il convient de faire d'après la Kabala.
43)Et il n'y a aucune interdiction à ce que les Tsitsith touche le corps à l'endroit des cuisses, etc., et on n'a pas besoin de se montrer plus strict.
44) Les Ashkénazim qui étudient dans les Yéchivoth ont l'habitude de porter les Tsitsith dehors : on n'a pas à craindre que ce soit une marque d'arrogance.
45) Les Séfaradim des Yéchivoth ne doivent pas changer et la coutume de leurs ancêtres et de leurs maîtres de tout temps et porter leur Tsitsith dehors, mais ce sont les vêtements. Tel est également l'opinion de Notre Maître Rabbi ‘Ezra ‘Atiya Zal, selon laquelle un Sépharade qui fait sortir ses Tsitsith doit craindre que ne soit porté au sens où souvenir de ses maîtres.
46) Les élèves Séfaradim qui étudient dans des Yéchivoth et désire porter leur Tsitsith dehors parce qu'ils sentent que cela renforce leur piété par rapport à leur entourage, du fait que cela allait différencie de leurs voisins non religieux et soulignent leur appartenance à la communauté des bénei Torah, ont le droit de le faire. En se mariant, lorsqu'ils auront acquis une crainte de D. plus grande, ils les reprendront la coutume de nos ancêtres et de nos maîtres Séfaradim et cesseront de porter les Tsitsith à l'extérieur.
47) De même, si des Ba’alei Techouva qui progresse pas à pas dans l'observance de la Torah, désire laisser leur Tsitsith dehors pour se différencier d'un entourage non religieux, ils ont le droit de le faire. Mais ils reprendront la coutume de nos maîtres lorsqu'ils se sentiront suffisamment fort, ou s'ils déménagent pour s'installer dans un environnement plus religieux, et rentreront alors leur Tsitsith sous leurs vêtements.
48) Les étudiants Séfaradim qui étudient dans des Yéchivoth fréquentées principalement par des Ashkénazim qui portent leur Tsitsith dehors, ne doivent cependant pas changer les coutumes de nos maîtres et ne pas porter leur Tsitsith sur leurs vêtements pour cette seule raison. On n'a pas à se soucier de l'interdiction « de faire des clans » à ce sujet. Il convient donc que les Rabbanim Ashkénazim ne demandent pas à leurs élèves Séfaradim d'abandonner une coutume fondée sur l'opinion des Grands Maîtres Séfaradim de tout temps, sauf dans la mesure où ils savent qu'un certains élèves, s'ils portent les Tsitsith dehors, sera renforcée dans la crainte de D.
49) D’après certaines opinions, si on n'a mis le talith avant le lever du jour et qu'on le porte au lever du jour, on peut réciter la bénédiction tant qu'on continue à accomplir la Miswa, bien qu'on les faite à un moment où l'on en n'était dispensé. Mais d'autres décisionnaires sont d'un avis différent.
50) Si le talith tombe, en a redit pas la bénédiction en le remettant, même s’il est complètement tombé.
51) D’après certaines opinions, si le talith tombe pendant que l'on fait la‘Amida et que quelqu'un d'autre le remet, on doit palper les Tsitsith et redire la bénédiction en terminant. Mais un sépharade ne doit pas la redire, puisqu'on ne redit pas de bénédiction en cas de doute.
52) Lorsqu’on enlève le talith avec l'intention de le remettre moins d'une demi-heure plus tard, on n'a pas besoin de redire la bénédiction, même si on est allé aux toilettes entre-temps. Mais si on l'a retiré avec l'intention de le remettre et qu'on a attendu une demi-heure ou plus, on doit redire la bénédiction pour le remettre, surtout si on la pliait et rangée dans son sac entre-temps. On ne redit pas non plus la bénédiction si on a retiré le talith sans rien préciser, et qu'on n'a pas réfléchi si on allait le remettre au non, même si on ne porte pas de talith Katan. Mais lorsqu'on se change et qu'on est un autre Talith Katan assez grand pour qu'on puisse dire la bénédiction, on la redit même si on enfile le second talith tout de suite après avoir retiré l'autre, et tel est l'usage.
53) Lorsqu’on retire le talith, qu’on le plie et qu'on le range dans le sac sans pensée si on le remettra au non, c'est comme si on avait explicitement pensé ne pas le remettre et qu'on en a détaché ses pensées puisqu'on l’a plié : on doit redire la bénédiction pour s'en couvrir à nouveau. C'est ce qu'il convient de toujours faire pour éviter les divergences d'opinions.
54) On peut prêter un talith à un autre fidèle qui veut monter au Séfer Torah et le mettre de nouveaux lorsqu'ils le rend sans se soucier de le remettre sans dire de bénédiction : comme on n'a pas l'habitude de redire, on n'a pas du tout à s'en soucier
[R1]Selon notre maitre le Ben Ich ‘Hai